Formé à l’AS Saint-Étienne, Carl Medjani n’a pourtant jamais disputé le moindre match professionnel sous le maillot vert. Parti très jeune à l’étranger, l’ancien défenseur international algérien est revenu récemment, pour @FootballDayy sur cet épisode marquant de sa carrière, longtemps resté sujet à interrogations chez les supporters stéphanois.
Né en 1985, Carl Medjani arrive très jeune au centre de formation de l’AS Saint-Étienne, où il passe cinq années complètes. Défenseur central de formation, capable d’évoluer également au milieu défensif, il s’impose rapidement comme l’un des éléments forts de sa génération. Dès les catégories U15, il enchaîne les sélections en équipe de France jeunes, jusqu’aux Espoirs, et dispute les phases finales nationales avec les Verts, notamment la Coupe Gambardella.
À cette époque, Medjani fait partie d’une génération particulièrement dense au centre de formation stéphanois, aux côtés de Loïc Perrin, Bafétimbi Gomis, Idriss Ech-Chergui ou Mamadou Dabo. À l’échelle nationale, il côtoie également des profils appelés à devenir internationaux comme Steve Mandanda, Lassana Diarra ou Jimmy Briand. Très vite, son potentiel attire l’attention bien au-delà du Forez.
À l’été 2003, alors qu’il arrive en fin de contrat aspirant, Carl Medjani quitte pourtant l’ASSE sans avoir signé professionnel. Il s’engage avec Liverpool FC, au terme d’un feuilleton qui restera incompréhensible pour le grand public. Un choix sur lequel le principal intéressé est revenu avec franchise.
Pourquoi Medjani n’a jamais joué en pro avec les Verts
Dans son témoignage, Carl Medjani replace d’abord le contexte de l’époque. « Il faut se projeter en arrière. On était en 2003. À ce moment-là, on ne faisait pas beaucoup confiance à des joueurs de 18 ans pour évoluer en professionnel, surtout à ce poste-là », explique-t-il. L’ASSE évolue alors en Ligue 2 et adopte une politique prudente avec ses jeunes, notamment en défense.
S’il commence à s’entraîner ponctuellement avec le groupe professionnel, Medjani sent rapidement que la porte reste entrouverte, mais jamais réellement ouverte. « J’allais faire deux ou trois entraînements avec les pros, et je n’étais pas ridicule. Mais la direction et le staff n’avaient pas cette politique de faire monter un jeune défenseur aussi tôt », poursuit-il. À l’époque, le banc stéphanois est dirigé par Frédéric Antonetti, qui se montre réticent à l’idée de l’intégrer durablement au groupe pro.
Le contraste est frappant avec ce que Medjani observe ailleurs. « Dans les autres clubs, les joueurs de ma génération s’entraînaient régulièrement avec les pros. Devant, on faisait plus facilement confiance qu’en défense ». Une situation incompréhensible, mais surtout frustrante, pour un joueur déjà international chez les jeunes, ambitieux et désireux de franchir un cap.
La donne change radicalement lorsque les sollicitations affluent. « Quand vous avez 18 ans, que vous êtes en équipe de France et que des clubs comme Manchester United, la Juventus, le Bayern Munich ou Liverpool s’intéressent à vous, forcément, ça fait réfléchir ». À Liverpool, le projet est clair. « Gérard Houllier avait un plan de carrière pour moi. C’était l’ancien DTN de la Fédération. Il savait où il voulait m’emmener », confie Medjani, évoquant Gérard Houllier.
Le choix devient alors évident. « Je voulais m’entraîner avec les pros, jouer au plus haut niveau. Il n’y avait aucune raison de refuser. J’ai traversé la Manche à 18 ans, tout naturellement ». Un départ précoce, assumé, qui lancera une carrière riche mais sinueuse, entre la Ligue 1, des expériences européennes et plus de 60 sélections avec l’Algérie. Medjani aura porté le maillot de 14 clubs différents dans sa carrière !
Pour l’ASSE, cet épisode rappelle celui de Vincent Péricard, lui aussi parti très tôt à la Juventus puis en Angleterre où il a effectué une carrière peu conforme avec les espoirs placés en lui. Carl Medjani c'est l'histoire de plus d'un talent formé au club, parti sans avoir eu l’opportunité de s’exprimer en professionnel. Pour le latéral, il s’agissait avant tout d’un choix de timing et de projet, dicté par le contexte d’une autre époque.
"𝗢𝗨𝗜 𝗖'𝗘𝗦𝗧 𝗩𝗥𝗔𝗜 𝗤𝗨𝗘 𝗙𝗥𝗘𝗗𝗘𝗥𝗜𝗖 𝗔𝗡𝗧𝗢𝗡𝗘𝗧𝗧𝗜 𝗔𝗩𝗔𝗜𝗧 𝗠𝗜𝗦 𝗦𝗢𝗡 𝗩𝗘𝗧𝗢 𝗣𝗢𝗨𝗥 𝗤𝗨𝗘 𝗝𝗘 𝗣𝗨𝗜𝗦𝗦𝗘 𝗠𝗢𝗡𝗧𝗘𝗥 𝗔𝗩𝗘𝗖 𝗟𝗘 𝗚𝗥𝗢𝗨𝗣𝗘 𝗣𝗥𝗢 𝗘𝗧 𝗦𝗜𝗚𝗡𝗘𝗥 !"
Carl Medjani 🇩🇿 revient sur les raisons de son transfert à Liverpool à… pic.twitter.com/HHK2FjJ08A
— Footballdayy (@Footballdayy10) January 11, 2026