"Je ne sais toujours pas s’il est gaucher ou droitier", a confié Henrik Larsson, légende du Celtic, à propos de Lubomir Moravcik. Retour sur le parcours exceptionnel du meneur slovaque, qui a marqué à jamais l'histoire de l'AS Saint-Étienne (ASSE).

Arrivé dans le Forez en 1990, Lubomir Moravcik s’est imposé comme l’un des plus grands numéros 10 passés par l’ASSE. Un joueur rare, capable de frapper des deux pieds avec la même précision. Génial, imprévisible, il a envoûté Geoffroy-Guichard par ses gestes techniques et son sens du jeu. Henrik Larsson, son ancien coéquipier au Celtic Glasgow, ne tarit pas d’éloges à son sujet : “ Je ne sais toujours pas s’il est droitier ou s’il est gaucher. Le ballon il pouvait frapper le frapper fort, ou le caresser, il était grandiose."

Une déclaration qui rappel aux plus jeunes tout le talent du slovaque. L’occasion de se replonger dans sa riche carrière, avec un accent particulier sur ses années vertes.

De la Coupe du monde 1990 à Geoffroy-Guichard

Né à Nitra en 1965, Moravcik se révèle aux yeux du monde lors du Mondial italien avec la Tchécoslovaquie. Sa performance face à la RFA en quart de finale attire les convoitises. C’est finalement l’ASSE qui décroche sa signature grâce à un flair de Bernard Bosquier. Il débarque dans un club en quête de renouveau, pour 7,5 millions de francs.

Ses débuts sont timides. Le club peine, l'équipe est mal classée, et Moravcik met du temps à trouver ses marques. Mais son premier but en décembre 1990 contre Brest (6-1) marque un tournant. Lubo commence à briller. Il devient indispensable par sa vision, sa technique, sa grinta.

En 1991-92, malgré une fracture suite à un tacle sévère, il s’impose comme le leader technique des Verts. Son but en solo contre Nîmes en 1992 reste dans toutes les mémoires. Une chevauchée de 60 mètres conclue par une frappe imparable. Bernard Tapie tente de l’attirer à Marseille. Lubo refuse. Le public stéphanois le supplie de rester. Il restera.

Moravcik, une idole malgré la descente de l'ASSE

En 1993, Moravcik est étincelant contre l’OM en quart de Coupe de France. Mais les Verts s’inclinent en demi-finale face à Nantes. Un tournant. André Laurent quitte la présidence, remplacé par Yves Guichard. Jean-Michel Larqué compose une "dream team" autour de Moravcik avec Laurent Blanc ou Roland Wohlfarth.

L’expérience tourne court. Les tensions internes, les mauvais choix de recrutement et le départ de joueurs clés comme Kastendeuch plongent l'ASSE dans la crise. Malgré quelques coups d’éclat (dont un doublé contre le Milan AC de Baresi et Baggio en amical), l’ASSE sombre et finit reléguée en D2 en 1996. Moravcik, meurtri par la situation, quitte le club. Il aura disputé 212 matchs et inscrit 35 buts avec les Verts. Un bilan sans trophée, mais avec un amour inconditionnel du public, qui ne l’a jamais oublié.

Une fin de carrière entre Japon et Écosse

Après l’ASSE, Moravcik poursuit sa carrière en Allemagne, au Japon, puis en Écosse. C’est au Celtic Glasgow qu’il retrouve une seconde jeunesse. Entre 1998 et 2002, il y joue aux côtés de Larsson, avec qui il forme un duo magique.

Il y remporte plusieurs titres et régale le public écossais. Capable de tirer ldes deux pieds, il brouille les pistes jusqu’à sa retraite en 2004. “Je ne sais toujours pas s’il était droitier ou gaucher”, admet encore Larsson aujourd’hui. Une phrase qui résume tout le mystère et le talent de ce joueur hors normes.

Lubomir Moravcik n’a peut-être jamais remporté de trophée avec l’ASSE. Mais il a conquis le Forez, les supporters, et l’histoire du club. Un ambassadeur éternel des Verts. Il est d'ailleurs aujourd'hui partie prenant du projet Socios Vert. Vert un jour, vert toujours.

Source : The OverLap